Londres,
enveloppée de brouillard et de pluie,
était plus maussade que jamais mais
bien vite l’arc-en-ciel des «
visions » altermondialistes et des discussions
sur toutes sortes de thèmes a fait
oublier le gris du ciel. L’une de ces
thématiques a été débattue
au cours de l'atelier co-organisé par
le chantier JADES - Justice Environnementale,
Dette Écologique et Développement
Durable - du PSES - Pôle
de Socio-Economie Solidaire. Parler de
dette écologique est une façon
d’introduire la destruction de l'environnement
au niveau mondial dans les analyses socio-économiques
traditionnelles du public présent au
FSE. Les questions sur l'environnement sont
encore considérées comme un
luxe par beaucoup d'organisations du nord
(syndicats, organisations travaillant avec
le Tiers-Monde, les Droits Humains,..), tandis
qu’au Sud tout le monde sait pertinemment
qu’environnement est synonyme de ressources
naturelles (minéraux, forêt,
air, eau, biodiversité,..), autrement
dit de la base de leur développement
socio-économique. Et donc pas du tout
un luxe, mais bien l’un des problèmes
principaux qu’il va falloir résoudre
et vite. Chaque jour, les peuples du Sud assistent
au pillage de leurs ressources naturelles,
mal gérées ou détruites
depuis des siècles. Cet état
de fait représente une limitation énorme
à leur souveraineté et à
un possible développement de l’intérieur.
Quant aux pays du Nord, c’est cette
« appropriation illégitime et
cette destruction de l'environnement au Sud"
qui représente la base de leur richesse
et de leur surconsommation.
C’est donc avec surprise que nous avons
vu arriver près de 200 personnes à
l'atelier que nous avions organisé.
L’assistance a pu écouter et
discuter du contenu et de l’importance
du concept de 'dette écologique', mais
aussi sur comment utiliser ce concept au niveau
politique (en tant qu’instrument de
politique) et au niveau local (en tant qu’instrument
de sensibilisation), et comment augmenter
la force des pays du Sud (du fait de transformer
ces pays en créanciers au lieu d’éternels
endettés).
Nous avons aussi utilisé le FSE pour
lancer l'idée d'organiser un"
Tribunal International sur la Dette Écologique,
la Justice Environnementale et les Droits
Humains" (en décembre 2006 à
Bruxelles -voir documents
préparatoires sur ce site). Au
cours de la réunion qui a eu lieu avant
le FSE, nous avons discuté de quand
et comment nous pourrions préparer
ce Tribunal de la manière la plus efficace
possible. Au-delà de la logistique,
nous avons fait le constat qu’il était
très important de stimuler le processus
aussi bien au Sud qu’au Nord de manière
à étendre le concept de dette
écologique. Ce n’est qu’à
cette condition que le Tribunal aura le soutien
d'un vaste spectre d'acteurs impliqués
et de victimes de cette dette écologique.
Les réseaux qui se sont déjà
engagés dans l'organisation de ce tribunal
sont: JADES, ENRED, SPEDCA, le Conseil Oecuménique
des Églises, Jubilée Sud, Amis
de la Terre International et de nombreuses
ongs nationales (VODO, De Kleine Aarde, New
Economics Foundation,…)
Pour en savoir plus: